Mr Lolo

Le lanceur de couteaux. La peinture classique procède par recouvrement à l'inverse, la technique du pochoir passe d'abord par l'évidement la mise en évidence se réalise par la mise en absence un peu comme si Mr. Lolo découpait le carton pour voir ce qu'il va représenter ce n'est pas un discours qui recouvre son objet mais un silence qui le laisse se dire ensuite seulement vient la production de l'image qui reste la trace, l'empreinte de cette absence. Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il y a chez cet homme du Landru, du... mais comment s'appelait-il, déjà, ce Japonais anthropophage? qui à l'aide d'un objet tranchant isole les différents éléments de la visibilité d'une femme pour les recomposer dans la panoplie des personnages cinématographiques. Mr. Lolo est le chirurgien sans qu'on puisse déterminer s'il sagit d'un chirurgien esthétique dévoué à la beauté des starlettes ou un savant psychopathe de série B, un Frankenstein moderne qui découperait des femmes mortes ou vives pour les recoller dans le seul but de posséder leur beauté plus poétique et pour choisir une image proche de son univers une affiche de cirque. Mr. Lolo est un lanceur de couteaux qui doit cerner au plus près sa partenaire sans jamais toucher sa peau comme si le désir avec sa tendance à saisir son objet à nous toucher aussi comme si le désir était trop vif effilé pour ne pas être tranchant et rester aux contours de l'objet sur lequel il se porte intéressant parcours que celui qui conduit l'adolescent transformiste à se détourner du miroir dans l'arrière boutique du rade où il se maquille (derrière quatre fûts de bière empilés: "la loge") pour se tourner vers son modèle et le contempler au travers d'un carton ajouré, afin de se préserver de la luminosité de l'ellipse...je veux dire l'éclipse pour me résumer, le pochoir est par excellence une pratique de l'adoration amoureuse l'art de révéler par l'absence.
Philippe Fontaine

Mr Lolo dans les roses / Mr Lolo

L'actrice / Mr Lolo

La Mouche / Pochoir sur lavis, 30 x 30 cm / Mr Lolo